Il y a 97 ans, la Grande Guerre dans nos régions

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Photos©AP Communication 2011. Agrandissables par clic.

 

La journée du 22 août 1914 vit la 3è division d’infanterie coloniale française (corps d’élite) se faire anéantir.

 

 

 

 

Ces évènements ont été plus que pénibles pour l’ensemble de nos régions.

 

Avant de nous intéresser aux faits concernant Rossignol et sa région, nous avons le grand plaisir de vous présenter un article signé par Luc Pierrard (Neufchâteau), licencié en histoire à l’Université catholique de Louvain.

 

M. Pierrard a réalisé ce récit pour notre rédaction. Il sera notre consultant en histoire lorsque l’actualité le voudra.

 

Cet article illustre le caractère particulièrement rude de ces journées funestes.

 

La bataille des frontières – Luc Pierrard.

 

Depuis le 4 août 1914 la Belgique est en guerre. Le 20 août, les Allemands occupent Bruxelles. Cependant, jusqu’à cette date, la province de Luxembourg n’a connu que des activités de patrouilles, ponctuées de quelques escarmouches entre cavaleries allemande et française.

 

Le 20 août, la 9e Division de cavalerie française, cantonnée à Izel, reçoit l’ordre d’aller explorer la région de Bastogne-Martelange. On lui donne en appui le 1er bataillon de réserve du 87e Régiment d’Infanterie. En face, la 21e division allemande a franchi la frontière belge à Martelange et progresse vers Neufchâteau.

 

Fin de matinée, un détachement de cavalerie française se heurte à un bataillon d’avant-garde allemand dans la région de Tronquoy. Le centre de la bataille se déplace vers Longlier. Le général de l’Espée, chef de la 9e division de cavalerie française, décide peu après midi d’engager son bataillon d’infanterie qui cantonne à Hamipré. L’ordre est donné de gagner Longlier en s’infiltrant le long de la voie ferrée. Les quelques centaines d’hommes du 87e R.I. vont devoir tenir tête à la 21e Division allemande toute entière. Les combats seront violents et, fin de journée, sur les 1200 hommes que comptait le bataillon français, 300 sont blessés et faits prisonniers et 300 sont tués. Du côté allemand, des pertes sévères sont également comptabilisées.  

 

L’état-major français, sous la direction du maréchal Joffre, pense qu’un vide doit se produire entre les deux masses allemandes : une qui marche vers l’Ouest (Namur, Charleroi, Mons) avec en face la 5e armée française et l’autre qui reste immobile en Lorraine.  Le 21 août, les Français déclenchent l’offensive contre le centre du front allemand qu’ils présument dégarni, malgré quelques rapports d’éclaireurs signalant une présence allemande. La 4e armée française pénètre en Belgique, franchit la Semois et marche droit au Nord.  Le but est d’enfoncer le centre et d’isoler les troupes allemandes de l’ouest. 

 

Le 22 août est une des journées les plus importantes de la Grande Guerre. Elle est marquée par une série de défaites plus impressionnantes les unes que les autres pour l’armée française. Celle-ci se heurte partout à des forces beaucoup plus nombreuses et mieux organisées que prévu.  Dans la province de Luxembourg, les noms de Paliseul, Maissin, Ochamps, Bertrix, Neufchâteau, Rossignol, Tintigny, Virton, Ethe … sont autant de défaites (ou de victoires fort coûteuses et sans lendemain, ce qui revient au même). De Charleroi aux Vosges, les morts se comptent par dizaine de milliers. Cette journée sera, pour les troupes françaises, la plus meurtrière de toute la guerre.

 

Voici, succinctement résumé, les divers combats qui se sont déroulés dans la province de Luxembourg ce 22 août 1914, d’ouest en est.   

 

Maissin, Anloy et Ochamps sont les objectifs des deux divisions du 17e corps d’armée française (33e et 34e D.I.). Les combats sont violents comme partout ailleurs. La 33e D.I. compte un tiers de ses effectifs (environ 5000 hommes) comme perdu (tués, blessés ou disparus). Les artilleurs du 18e Régiment d’artillerie de campagne ont abandonné les trois quarts de leurs pièces,  400 soldats, et près de 500 cadavres de chevaux gisent le long de la route entre Bertrix et Ochamps.

 

Le corps d’armée colonial (3e division d’infanterie coloniale et 5e brigade mixte Goullet)  a comme objectif Neufchâteau. 

 

La 5e brigade mixte Goullet, composée essentiellement des 21e et 23e Régiments d’infanterie coloniale, se présente devant Neufchâteau vers 11 heures, via Suxy et Montplainchamps. Au soir des combats, 3000 soldats et 80 officiers français manquent à l’appel. Les allemands dénombrent 1300 tués et 3000 blessés. 

La 3e D.I.C. est arrêtée à la sortie de Rossignol. A la fin de la journée, 12000 français sont hors combat (tués, blessés et prisonniers). 

 

A Ethe, la 7e D.I. française repousse la 10e division allemande. C’est une des rares victoires françaises du jour. Mais elle est amère, car elle lui coûte cher : près de la moitié de l’effectif combattant (soit 124 officiers et 5200 hommes) est tué, blessé ou disparu. Du côté allemand entre un tiers et la moitié de l’effectif est mis hors de combat.

D’autres batailles auront lieu également dans la région de Virton ainsi que de Baranzy-Musson.

Comme on peut le voir, ce trop bref résumé (je vous renvoie pour plus de détails dans les nombreux ouvrages consacrés au sujet) nous montre l’ampleur des combats de cette journée et de sa folie meurtrière. 

A côté des combattants, la population civile a également payé un lourd tribut. On dénombre environ 870 victimes civiles : 204 à Ethe, 108 à Rossignol, 83 à Tintigny, 70 à Latour, 60 à Anloy, 27 à Baranzy, 22 à Neufchâteau...

De nombreux civils seront pris en otages. Certains seront conduits en Allemagne et fait prisonniers.

Près de 2100 maisons seront incendiées dans la province de Luxembourg.

 

Cette journée est restée dans la mémoire des Luxembourgeois qui, chaque année, commémorent ces événements.

 

Luc Pierrard, licencié en histoire

(UCL - Université catholique de Louvain).

 

 

 

Rossignol et la région gaumaise la plus proche

 

Ce jour est une véritable pierre noire dans l’histoire de Rossignol et de sa région. Les monuments et cimetières militaires sont nombreux. Les habitants, âgés ou plus jeunes, sont au courant que ces villages portent une bien triste histoire résultant de la folie des hommes : la guerre.

 

De Gaume et d’Ardenne propose ce dossier spécial pour rappeler à tous que le Devoir de Mémoire est une nécessité.

 

97 ans plus tard, beaucoup de blessures ne sont pas cicatrisées. Nous avons, pour les besoins de cet article, pris contact avec nombre de familles ayant eu un aïeul mort à Rossignol. Et même si le temps joue son rôle, même si les plus jeunes n’ont jamais connu ces soldats, pour les familles, l’absence se traduit, encore de nos jours, tel un trou béant dans l’arbre généalogique.

 

En effet, on trouve sur Internet un certain nombre de fora dédié à ces soldats morts, parfois loin de chez eux. On y trouve des personnes à la recherche d’informations sur l’endroit où sont enterré les êtres chers.

 

Il nous est arrivé à deux reprises de pouvoir apporter un certain apaisement en fournissant les photos montrant deux sépultures portant le nom de personnes dont on cherchait le lieu de disparition. Dans les deux cas, c’était à Rossignol.

 

 

Nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont aidé, et principalement Monsieur Jean-Louis Philippart, auteur du site rossignol.free.fr

 

Cet auteur a aussi retranscrit et publié le rapport de son grand-père MOREAU, chef d’état-major de la 3è DIV COL. décimée le 22 août 1914.

 

Monsieur Philippart nous a donné l’autorisation de nous servir de son site pour documentation. Qu’il en soit remercié.

 

La route.

 

Venant de la France (route du principal affluent de droite de la Meuse, soit la Semois), le Division française fut empêchée, par la topographie du terrain, de se déployer. Par là-même, les forêts de Neufchâteau et des environs se révélèrent impénétrables.

 

La 3è Div. Etait sous le commandement du Général Raffenel.

 

3è division : sa constitution.

 

- De la 1ère Brigade d'Infanterie du Général Montignault, formée des 1° et 2°R.I.C.(6800 h.) .


- De la 3ème Brigade d'Infanterie du Général Rondony, formée des 3° et 7° R.I.C. (6800 h.)


- D'un régiment d'artillerie divisionnaire : le 2° R.A.C.(36 canons)

 

-Le 22 août, combattent avec la Division : le 3° Régiment de Chasseurs d'Afrique (600 cavaliers).
- Le 6° Escadron du 6ème Dragons ;
- Une compagnie du Génie.

 

Le commandant Laurens.

 

Le 9 septembre 1921 paraissait dans le quotidien arlonais (L’Avenir du Luxembourg), le « récit du combat de Rossignol ».

 

L’auteur était le commandant Laurens, capitaine à l’EM de la 3è DIC, le 22 août 1914.

 

Ce témoignage est, à lui seul, la somme de tous les évènements hautement tragiques de ces journées. Il permet de se rendre compte de ce qu’ont pu ressentir tous ces hommes qu avaient quitté la famille, les amis, leur propre vie sans, parfois, savoir pourquoi.

 

2.000 Français morts au combat, à Rossignol. Il s’agissait de l’objet du service funèbre célébré par le curé Hubert dans l’église du village, édifice lui-même dévasté.

 

Tout a vraiment commencé le matin. Une lourde journée estivale et la 3è Div., partie de St-Vincent et Gérouville, se déroule sur la route menant vers Neufchâteau.

 

20 heures de marche la veille, pas de fatigue et, selon le Cdt Laurens, un « certain empressement de rencontrer l’ennemi » était bien présent.

 

6h30 : 

 

la colonne franchit Breuvanne et les mises en garde de la population préviennent les militaires de la présence ennemie un peu plus loin. Pourtant, les informations provenant de l’Etat-Major indiquent le contraire, la 3è DIV va payer au grand comptant la fiabilité qu ‘elle prête aux informations officielles.

 

Non moins de 30 minutes plus tard, la lutte s’engage à l’intérieur de la forêt. Le drame débute, il est particulièrement rude et ne fait aucune concession à la 3è DIV.

Un autre témoignage est celui du Caporal-clairon Paul Failin.

 

Ce témoin était à Rossignol le 22 août 1914. Il réussit à échapper  au massacre.

 

Voici quelques extraits de ses notes originales.

 

Selon le témoin, la troupe est entrée sur le sol belge par Limes (Gérouville).

 

Après une pause, elle traversa St-Vincent et est survolé par un avion allemand. Aucun tir n’aura lieu.

 

Plus tard, le Colonel enverra une patrouille sur la route allant vers Tintigny. Cette patrouille recevra le premier obus tiré de Termes.

 

Peu après, le 1er Bataillon se porte dans la même direction.

 

C’est un véritable déluge d’obus qui commence.

 

Notons que ce combat fait partie d’un ensemble plus important encore nommé « Surprise de Neufchâteau ».

 

Le 22 août 1914, la ligne du temps des évènements.

 

Le 6e C.A. allemand atteint

  Léglise et environs (12e D.I.)
  Thibésart et environs (11e D.I.)
  Habay-la-Neuve (3e D.C.)

Le 5e C.A. a sa division de droite, la 9e D.I. vers Etalle.

Côté français, les premiers en ligne de la IVe armée (de Langle de Cary) tiennent les débouchés de la Semois jusqu’à Izel.

Le 1e R.I.C. est aux avant-postes au nord de Saint-Vincent.

Le principal de la division établi ses avant-postes à proximité des lisières de la forêt d’Orval et Merlanvaux.

La 8e division est à Virton. La 5e brigade coloniale est au sud de la forêt d’Orval et occupe Jamoigne.

6h :

La 3e DIV (1e et 3e brigades) s’avance de Gérouville en direction de Neufchâteau.

L’avant-garde de la 3e division coloniale (6e dragons et 1e régiment d’infanterie avec de l’artillerie) quitte Saint-Vincent à 6h du matin, traverse la Semois au pont de Breuvanne vers 6h30 et atteint Rossignol. Le gros de la division, 3 km en arrière, joint Saint-Vincent.

Côté allemand, la 12e division va également sur Rossignol. (Avant-garde composée du 157e R.I., 2e uhlans et d’une compagnie de Génie.

Les dragons français sont stoppés par les forces du 157e R.I. et appelle le 1e R.I.C. Le 157e R.I. allemand subit des pertes flagrantes.

7h :

Dès 7h, les cavaliers postés au mamelon 353 voient des colonnes françaises se diriger vers Rossignol. Le commandant de la 11e division fait poster des batteries au mamelon 360 à 1 km de Marbehan (est nord-est de Rossignol) et au mamelon 345 (1 km au sud-ouest de Harinsart, est sud-est de Rossignol). Le 10e grenadiers occupe.

L’artillerie fait feu à 3000 m sur la colonne des Français au sud de Breuvanne . Le II/6A est placé en batterie à 500 m au sud d’Harinsart et fait feu sur le pont de Breuvanne. Les grenadiers allemands ouvrent un feu violent sur les Français immobilisé sur la route en direction de Rossignol.

7h30 :

Le front de l’avant-garde dépasse Rossignol et s’engage dans la forêt de Neufchâteau. Elle est reçue par des coups de feu. L’infanterie a à faire à des tranchées cachées dans la forêt et doit les éliminer par un assaut.

8h 40 :

La 63e R.I. va vers Termes pour s’emparer du mamelon 363 nord-est de Termes) pour attaquer dans le flanc de l’adversaire posté au nord de Rossignol.

9h :

Le 2e régiment d’artillerie (3e division coloniale) a traversé la Semois au pont de Breuvanne. Il doit faire face à un bombardement au départ d’Harinsart.

Le commandant de ce régiment ordonne le déploiement des batteries

  à l’ouest de Rossignol et sur la crête de Rossignol - Termes.
  Sur la croupe Rossignol - Mesnil pour battre la forêt à l’est de Rossignol.
  2 km au sud de Rossignol : mission : rechercher l’artillerie allemande tirant de l’est.

La situation de l’artillerie française est grave.

10h :

Le commandant de la 11e division d’infanterie allemande décide l’attaque de Bellefontaine . Le 10e grenadiers attaquera Bellefontaine ; le 38e Fusiliers attaquera entre Saint-Vincent et Bellefontaine ; la 22e brigade face à l’ouest attaquera le flanc et les arrières des Français.

10h30 :

Le 3e R.I.C. est vu par les observateurs allemands. Il s’emploie à couvrir les lignes de communication des troupes engagées vers Rossignol.

  Le bataillon de tête maintient sa route vers Rossignol.
  Le 2e bataillon doit maintenir Breuvanne.
  Le 1e bataillon doit rester au sud de Breuvanne.

Mais le pont de Breuvanne est soumis à un vif feu d’artillerie. La plus grosse partie du régiment doit rester au sud de la rivière. La division est divisée en deux. Le 1e bataillon subit un feu de mitrailleuses venant du nord-est.

 

10h 45 :

Les éclaireurs du 63e R.I.C. gagnent le village de Termes. La colonne s’engage sur le chemin de Rossignol. Le 63e R.I.C. déploie son 3e bataillon le long du chemin de Termes à Rossignol.

Pendant ce temps, l’essentiel de la 12e division allemande et la 3e division coloniale se déploient.

11h :

Le commandant de la 3e division coloniale, le général Raffenel, engage le 2e R.I.C. pour soutenir le 1e.

11h30 :

Comme le 157e régiment allemand ne rejoint que péniblement, le commandant de la 12e division ordonne l’appui de ce régiment avec le 62e en gagnant la lisière sud de la forêt pour permettre le déploiement de l’artillerie.

Le commandant du 1e R.I.C. engage son bataillon en le déployant à droite et à gauche de la route Termes - Rossignol sur un front d’environ 400 m. Celui-ci subit des pertes énormes.

Les Allemands débordent sur les flancs du dispositif français. Le commandant du 1e R.I.C. donne l’ordre de se replier lentement et de prendre position sur la crête à 400 m de la lisière.

Le 3e chasseurs d’Afrique se porte vers l’est de Rossignol et reçoit l’ordre d’attaquer les Allemands en position sur le mamelon 343 à l’ouest d’Ansart. Il doit battre en retraite et son chef décide de recommencer l’attaque en passant par Breuvanne. L’opération échoue. Canonné et fusillé le long de la route encombrée par des caissons d’artillerie, le régiment se réfugie au sud de la Semois.

12h :

Les Allemands s’emparent de la crête au nord de Rossignol. Les Français doivent retraiter vers Rossignol. L’artillerie allemande se déploie.

Les 157 et 62e et une partie du 23e régiment allemand voient leur progression arrêtée par les mitrailleuses françaises. Les Allemands amènent deux pièces d’artillerie qui prennent comme objectif le clocher de Rossignol.

14h :

Le 2e bataillon du 3e R.I.C. est décimé par l’artillerie allemande près du pont de Mesnil-Breuvanne.

Le III/51 progresse par la lisière nord du bois en direction de la ferme du Chenois (entre Tintigny et Saint-Vincent) mais son attaque est bloquée à 300 m de la ferme et il faut faire appel à l’artillerie. Le I/6 d’artillerie ne peut franchir la Semois à Tintigny et lance des projectiles dans la région de Chenois. Les Allemands demandent du renfort et le 3e bataillon du 11e grenadiers vient au secours, avec une section de mitrailleuses. Le 7e R.I.C. subit des pertes sévères.

La 2e division coloniale de réserve (ouest de Montmédy) se porte aux Bulles (ouest sud-ouest de Rossignol) et attaque Termes. Le 2e bataillon est cloué sur place par les obus et les feux d’infanterie. Le 3e bataillon doit s’arrêter à 500 m du village de Termes.

14h30 :

Les Allemands reprennent l’attaque. Le II/62 aborde la crête de la chapelle de Savlon (nord nord-est de Rossignol), mais avec des pertes considérables Les derniers défenseurs français débordés se replient dans Rossignol.

15h30 :

Les Allemands poussent au sud de la Semois. Des patrouilles du I/62e vers Termes cherchent la liaison avec le 63e.

Le village est défendu principalement par les débris des 1e et 2e R.I.C.

Une seule section, celle du lieutenant Psichari, parvient à s’installer à la lisière nord du village pour tirer vers la chapelle Savlon. Ernest Psichari, écrivain français et petit-fils d’Ernest Renan, sera tué par la suite. Un obélisque a par la suite été dressé dans le village de Rossignol en commémoration de son sacrifice.

 

 

16h :

Les unités des 157e, 62e et 23e régiments allemands se lancent à l’assaut du village. Les unités qui progressent à cheval sur la grand’ route sont fauchées par les mitrailleuses françaises. A l’ouest et à l’est, les Allemands parviennent à s’infiltrer. L’attaque se resserre autour du village et la retraite est coupée vers le sud. Une partie des Français décide de percer vers l’est. Une partie des hommes se porte vers Orsainfaing, mais la colonne est canonnée par l’artillerie allemande.

Cinq bataillons allemands se portent à l’assaut de la ferme du Chenois. Les Français refluent vers Saint-Vincent.

La moitié du village de Termes est aux mains du 3e bataillon de la 2e division coloniale de réserve, mais un ordre de repli parvient.

17h :

Les 157e, 23e et 62e R.I. allemands se reconstituent pour lancer un nouvel assaut à partir du nord de Rossignol. Ils sont appuyés par trois groupes d’artillerie. Les défenseurs de Rossignol sont canonnés à revers.

Au sud de la Semois, Mesnil et Breuvanne sont occupés par quatre compagnies des 51e et 11e grenadiers. La 22e brigade allemande s’est emparée de la ferme du Chenois et de Saint-Vincent.

Chez les français

Dans le village de Rossignol, les débris de la 1e brigade coloniale et le 3e bataillon du 3e régiment colonial sont pris au piège.

Au sud du village, le long de la route vers la Semois, l’artillerie divisionnaire ne peut pas manœuvrer et est prise sous les feux convergents de l’artillerie et de l’infanterie allemandes.

A Bellefontaine, le gros de la 4e division soutient le choc de la 21e brigade allemande.

17h30 :

Les 157e, 62e et 23e régiments renouvellent leur attaque sur Rossignol.

18h :

Le village de Tintigny (sud sud-ouest de Rossignol) tombe aux mains des Allemands.

19h :

Les troupes françaises dans Rossignol sont complètement encerclées et l’artillerie divisionnaire doit être mise hors service.

20h :

Il ne subsiste rien de la 1e brigade coloniale ni du 2e régiment d’infanterie. Les deux autres bataillons ont recueilli un certain nombre d’isolés.

Les divisions coloniales se replient sur la ligne Soye - Jamoigne.

Lors du combat de Rossignol, une division entière a été anéantie suite à un encerclement rendant impossible toute retraite. La tactique allemande de se dissimuler dans les bois, de creuser des tranchées a permis de tendre une véritable embuscade.

Pour aller plus loin : livres et vidéos.

Guy Pierrard ( Librairie Oxygène à Neufchâteau), chroniqueur sur De Gaume et d’Ardenne nous informe de quelques ouvrages, un liste non exhaustive précise-t-il.

DELHEZ, La bataille des Frontières racontée par les combattants, chez l'auteur, 2007

 

DELHEZ, Le 22 août 1914 raconté par les combattants, chez l'auteur, 2009

 

GRASSET, Un combat de rencontre, Neufchâteau (22 août 1914), Paris, Berger-Levrault (plusieurs éditions)

MOUZON, Le combat de Longlier (20 août 1914) et la bataille de Neufchâteau (22 août 1914), 

 

Neufchâteau, tiré à part de l’Annuaire de l’Institut Saint-Michel, 1962, 1963, 1964.

 

SCHMITZ-NIEUWLAND, Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg (6e partie, tome 7: la bataille de Neufchâteau et de Maissin), Bruxelles, Van Oest & cie, 1924

 

mais aussi, pour le sud, et en plus:

 

DELHEZ, Les batailles de Virton et Rossignol racontées par les combattants, chez l'auteur, 2006

 

SCHMITZ-NIEUWLAND, Documents pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg (7e partie, tome 8: la bataille de la Semois et de Virton), Bruxelles, Van Oest @ cie, 1925

Vidéos.

Il existe de nombreux documentaires classés par thème sur Internet.

Nous ne pouvons reproduire de manière complète l’ensemble des liens.

Cependant, en voici quelques-uns vous menant à découvrir des exemples de ce que vous pourrez trouver très facilement.

Le crédit en revient aux auteurs.

 

 

 

 

Écrit par De Gaume et d'Ardenne - Rédaction Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Bonjour,
La 9ème DC du Général de L'Espée comprenait les 1, 9 et 16 èmes brigades à cheval, ainsi que 3 groupes d'appui cyclistes et à cheval soit (540x9) = 4860 cavaliers (cuirassiers, dragons, hussards et chasseurs). Je sais que les troupes à cheval ont été engagées notamment le 18 août 1914 à Villers et Tintigny, avec quel succès, et face à quelles troupes à pieds ou à cheval ?!
Je m'intéresse notamment au 5ème cuir (1ere brigade) dans lequel mon grand-père paternel était sous-officier et éclaireur aux combats de Marville /Mangiennes le 10 Août 1914 ?
Cordialement

Écrit par : MARGUERY | 22/11/2011

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Je me propose d'être sur le site de Rossignol le 22 août 2014, en tant que radioamateur (ON5BIP). J'y émettrais un message à l'adresse des radioamateurs du monde, en mémoire des soldats impliqués dans les combats il y a 100 ans.
J'aimerais pouvoir utiliser un site exempt d'arbres ou bâtiments qui gêneraient mon émission, et à l'abri d'agressions ou déprédations.

Si j'arrive à établir des contacts, chacun d'eux recevra une carte postale dédiée au centenaire du 22 août 1914.

Écrit par : Duchêne Claude | 19/11/2013

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Je vous félicite pour votre paragraphe. c'est un vrai œuvre d'écriture. Poursuivez


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Écrit par : serrurier paris 8 | 10/08/2014

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La guerre est un conflit organisé et souvent prolongée qui est effectuée par des États ou des acteurs non étatiques. Il est généralement caractérisé par une extrême violence, des perturbations sociales et la destruction économique.

Écrit par : paraphrasing tool | 01/10/2014

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La guerre a vraiment explosé pendant trop nombreuses victimes! Nous nous souviendrons de ce toujours, nous allons rappeler les héros!

Écrit par : localization service | 11/10/2014

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